Qu’est-ce que cela signifie être Chaser ou Runner chez les flammes jumelles ? Pourquoi cette dynamique existe-t-elle dans le parcours d’âme ? Qu’est-ce que le Switch ? Et comment sortir de ce cycle ? Autant de questions légitimes que vous vous posez à propos de ces deux stratégies de protection. Elles sont opposées et pourtant se déclenchent face à la même chose : la peur.
Qu’est-ce qu’un Chaser et un Runner chez les flammes jumelles ?
Il s’agit d’une dynamique de la relation qui se produit peu de temps après la rencontre. Elle fait d’ailleurs intégralement partie du parcours des flammes jumelles. Face à nos peurs, à nos blessures et à un fort sentiment d’insécurité qu’engendrent les comportements de l’autre, nous allons adopter deux types de stratégies différentes : la fuite ou la lutte.
Ces deux postures vont alors s’installer dans la relation à travers le Chaser qui adopte la posture de lutte / poursuite et le Runner qui lui choisit la fuite. Une telle opposition crée alors des tensions et des disputes parfois très intenses. Qui plus est, cette dynamique de « suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis » s’étale sur quelques mois à plusieurs années selon les duos. Certains sont en silence radio depuis 10 ans, parfois plus ce qui explique également le désire de couper la connexion, ce qui n’est hélas pas possible mais compréhensible.
Le Chaser : c’est celui qui poursuit.
Le Chaser adhère volontiers au concept des flammes jumelles et à tous les phénomènes qui l’entourent. Notamment parce qu’il est plus réceptif à la spiritualité et à la connexion d’âme. Il se sent alors irrémédiablement attiré vers son jumeau d’âme de manière totalement disproportionnée. Même lorsque les différences entre vous paraissent insurmontables. Plus rien ne l’arrête. Au-delà de son désir de garder le contact, le Chaser veut que son jumeau ouvre enfin les yeux et s’implique dans une vraie relation. Qu’elle soit amicale ou amoureuse.
Dans cette dynamique de Forcing, ses peurs remontent brutalement et de façon imprévisible. Ces blessures de rejet, d’abandon, de trahison ou d’injustice le rattrapent, et accompagnent de colère, de frustration et de jugement. Il se sent profondément incompris de son Autre. Voila pourquoi le Chaser finit le plus souvent par reprocher à son Runner de ne pas s’éveiller, de ne pas s’investir, de faire sa vie de son coté, de ne pas travailler sur lui ou encore de n’en avoir rien à foutre.
Le Runner : c’est celui qui fuit.
À l’inverse du Chaser, le Runner met tout en œuvre pour échapper à la relation sans fournir de réelle explication. Tous les moyens sont bons pour se protéger de ses peurs, et de ses propres émotions que le lien d’âme aura réveillées : le rejet, la peur d’aimer ou d’être aimé, la crainte de perdre sa liberté. Puisqu’il se sent oppressé et harcelé, il refuse d’admettre qu’il existe entre eux une connexion qu’il ne comprend pas et qui lui fait peur.
Son propre bien-être devient sa priorité et il choisit de mener sa vie de son côté avec des relations plus simples à vivre. Ce qu’il fuit n’est en réalité pas le Chaser mais ses propres problèmes, ses émotions, ses blessures et son intériorité.
Mais contrairement au Chaser, le Runner a une attitude paradoxale : il cherche à sortir de la relation, mais dès qu’il y parvient, un vide inexplicable s’installe. En conséquence il fait des allers-retours vers sa flamme jumelle sans vraiment savoir pourquoi, et sans s’engager pour autant.
Le Runner ayant par ailleurs parfois tendance à mentir, à cacher des choses, ou à faire des reproches, il peut paraitre toxique aux yeux du Chaser, mais il ne faut surtout pas confondre Flammes jumelles et relation toxique, qui sont deux choses différentes.
Attention, la dynamique Chaser-Runner ne se produit pas uniquement en phase de séparation. Et je rappelle au passage que la séparation n’est pas une obligation du parcours, contrairement à ce que l’on croit. Dans ma propre expérience, la dynamique Chaser-Runner a eu lieu après la rencontre mais sans aucune séparation, puisque nous sommes en couple depuis des années. Elle portait sur des questions d’engagement au sein du couple lui-même, et non sur une fuite du lien comme c’est le cas pour la majorité des flammes jumelles.
Le Runner sait-il qu’il est une flamme jumelle ?
Oui. Le Runner peut être dans le déni, dans le rejet du lien, ou faire semblant. Mais il a conscience que quelque chose vous relie. Même s’il ne peut pas le nommer puisqu’il est rare (mais pas impossible) qu’il connaisse le phénomène de flammes jumelles. Le Runner sait, mais il ne comprend pas ce sentiment, il ne peut pas l’expliquer rationnellement. C’est exactement pour cela qu’il fuit. Ce n’est pas de l’ignorance mais de la peur.
Par ailleurs, l’un des mythes sur les flammes jumelles est de considérer que le Chaser est le seul éveillé au lien et le Runner « endormi ». Il n’existe absolument aucune règle en la matière. Un Runner peut avoir conscience du lien et un Chaser l’ignorer. L’âme sait, l’individu pas toujours.
Test : comment savoir si vous êtes Chaser ou Runner ?
La dynamique Chaser ou Runner ne dépend ni du sexe, de l’âge, de la polarité ou du niveau de spiritualité. Ces postures se manifestent par domaine. On peut être Runner sur l’engagement et Chaser sur le contact quotidien.
Où en êtes-vous aujourd’hui avec cette personne ?
Qui a mis de la distance en dernier ?
Depuis combien de temps cette situation dure-t-elle ?
Ces six derniers mois, votre attitude envers cette personne a-t-elle changé ?
Vous lui avez écrit et le message reste sans réponse. Que se passe-t-il ?
Un message de sa part arrive. Quelle est votre première réaction ?
Le blocage (réseaux, numéro) dans votre histoire :
Ses réseaux sociaux (stories, photos, statut en ligne) :
Quand une rencontre ou un appel est prévu :
Le silence radio, pour vous, c’est :
Quand la conversation arrive sur « nous », l’engagement, l’avenir :
Face à un pas concret vers plus de proximité (clés, emménager, officialiser, présenter aux proches) :
Quand cette personne se rapproche vraiment de vous :
Qu’acceptez-vous avec cette personne ?
Dans la relation, comment percevez-vous votre degré de liberté et d’espace personnel ?
Comment percevez-vous la tierce ?
Son silence provoque en vous :
Vous pensez à cette personne…
Ce que vous lui reprochez le plus souvent (à voix haute ou dans votre tête) :
Quand vous racontez votre histoire à quelqu’un :
Comment évaluez-vous votre degré de souffrance par rapport à ce lien ?
Si cette personne revenait demain en vous proposant de vous engager dans la relation :
Le concept de flammes jumelles :
Les signes (heures miroirs, synchronicités, rêves, ressentis à distance) :
Faire comprendre le lien à l’autre :
Guidances, tirages, médiums, thérapeutes « flammes jumelles » :
Que ressentez-vous à la lecture de cette phrase : « Quelque chose nous relie que je ne sais pas expliquer » ?
Quelle phrase vous ressemble le plus en ce moment ?
Votre énergie, au quotidien, va surtout…
Comment vivez-vous l’attente ?
Pensez-vous…
Faire de vous et de votre bien-être votre priorité, et travailler sur vos blessures :
Quand vous ressentez l’autre à distance (émotions, présence, « appels » intérieurs) :
Votre paix intérieure aujourd’hui :
De quoi avez-vous le plus besoin aujourd’hui ?
J’analyse vos réponses…
Le Switch, qu’est-ce que c’est ?
C’est quand les rôles s’inversent. Arrivé à un certain stade du parcours, le Chaser, le plus souvent par épuisement émotionnel, va changer de posture et devenir Runner. Ce changement s’opère suite à une trop grande souffrance due à l’attente de l’autre. En effet, durant la séparation, l’absence et le silence radio du Runner plongent le Chaser dans une tourmente sans fin. Comprenant que le Runner ne lui donnera jamais ce qu’il espère, le Chaser finit par se choisir, se reconstruire et parfois préfère carrément laisser tomber le Runner.
Quant au Runner, constatant que son jumeau ne donne plus signe de vie, le vide s’installe peu à peu. Lui qui était pourtant habitué à avoir en quelque sorte une roue de secours qui répondait toujours présente. Lorsque le Runner prend conscience du lien tout en commençant le travail émotionnel, l’énergie change. Et la dynamique aussi ! Puisque constatant qu’il lui « manque » quelque chose, le Runner va alors se tourner une fois de plus vers sa flamme jumelle, mais cette fois-ci c’est lui qui cherche l’engagement de l’autre sans fuir.
C’est ce qu’on appelle le Switch. Le Chaser est devenu Runner pour prioriser son bien-être et le Runner devient Chaser quand il comprend enfin la connexion d’âme entre eux.

Comment sortir de la dynamique Chaser-Runner ?
Pour faire simple, en cessant d’alimenter sa propre part d’ombre.
Si vous êtes Chaser
1 – Arrêtez de vouloir éveiller l’autre. Ce n’est ni votre rôle, ni votre responsabilité. Pire, cela renforce la fuite du Runner et votre propre épuisement.
2 – Posez vos limites. Un Runner qui annule systématiquement vos rendez-vous continuera de le faire tant que vous accepterez d’être traité comme une option remplaçable. Dire stop n’est pas refuser le lien, c’est un acte de respect envers vous-même.
3 – Identifiez vos blessures et vos besoins. Croyances limitantes, rejet, abandon, trahison, injustice, humiliation : nommer, c’est déjà la moitié du travail de fait pour ensuite commencer à les comprendre et les apaiser.
4 – Stopper les comportements auto-saboteurs. Notamment le besoin d’analyser les signes, de décoder les synchronicités, d’enchaîner les tirages. Car cela ne fait qu’alimenter l’attente et la souffrance.
Si vous êtes Runner
1 – Nommez la peur plutôt que de la fuir. Peur de perdre votre liberté, d’être englouti, de ne pas être à la hauteur.
2 – Soyez honnête. Dire « Je tiens à toi mais je ne peux pas m’engager maintenant » vaut mieux que six mois de fausses excuses.
3 – Observez ce qui se passe en vous. Comme pour le Chaser, identifiez vos blessures émotionnelles, vos peurs et vos besoins.
Chaser, Runner et les styles d’attachement.
La théorie de l’attachement a été formulée par le psychiatre et psychanalyste britannique John Bowlby à partir de 1958. Elle explique que la façon dont se manifestent nos sentiments, nos pensées et nos attentes relationnelles dépend de ce que nous avons vécu dans l’enfance avec la figure parentale et l’entourage familial. Ainsi les schémas relationnels que vous adoptez aujourd’hui par réflexe sont donc la résultante des réponses apportées à vos demandes d’interaction.
Trois styles ont d’abord été identifiés par la psychologue Mary Ainsworth en 1978, puis un quatrième par Mary Main et Judith Solomon en 1986.
Les 4 styles d’attachement
| Style | Enfance | À l’âge adulte |
|---|---|---|
| Sécure | Réponses adaptées, rapides et cohérentes à vos besoins. Base de sécurité solide. | Relations équilibrées et ouvertes. Vous exprimez vos besoins, vous vous engagez sans difficulté et vous vivez bien l’absence de l’autre. Pas de dépendance affective. |
| Anxieux (ambivalent, préoccupé, fusionnel) | Cadre incohérent : soins parfois adaptés, parfois négligents ou absents. | Peur de l’abandon et du rejet. Besoin constant de réassurance et de validation. Le moindre éloignement provoque angoisse, reproches, jalousie et possessivité. |
| Évitant (distant, fuyant) | Figures d’attachement distantes ou indisponibles, ne répondant pas à votre stress. Émotions dévalorisées. | Coupure émotionnelle et auto-suffisance. L’engagement relève du parcours du combattant. Vous coupez les ponts quand on vous demande de vous impliquer. |
| Désorganisé (chaotique) | Expériences de peur ou de traumatisme répété avec les figures d’attachement. | Émotions imprévisibles et excessives. Tout est paradoxal : grand besoin de contact et malaise face aux autres. Relations instables. |
Pourquoi l’équation Chaser = anxieux, Runner = évitant est fausse ?
On associe encore beaucoup trop souvent le Chaser au style d’attachement anxieux et le Runner au style évitant. Cela peut être vrai dans certains duos, mais ce n’est en aucun cas une réalité absolue du parcours.
Deux flammes jumelles peuvent parfaitement être toutes les deux Secure, comme c’est mon cas. On retrouve également d’autres combinaisons chez les jumeaux d’âme, notamment secure-anxieux ou secure-évitant. Il n’y a jamais eu de règle en la matière et tous les parcours sont différents.
De plus, si le Chaser était systématiquement anxieux et le Runner systématiquement évitant, alors le Switch n’existerait tout simplement pas dans le parcours. Parce qu’on ne change pas de style d’attachement du jour au lendemain. Il fait partie de notre être : il dépend de ce que nous avons vécu dans l’enfance. On peut travailler dessus en se sécurisant pour qu’il ait moins d’influence sur nos comportements, mais cela se joue sur des années de travail sur soi.
Or le Switch, lui, peut se produire en quelques semaines. C’est pourquoi le fait d’être Chaser ou Runner ne permet pas de déduire un style d’attachement, qui n’est pas propre aux flammes jumelles. Toutes nos relations peuvent venir toucher nos stratégies d’attachement, simplement avec des intensités et des enjeux différents.




